L’ONG Action Mines Guinée (AMINES) a présenté, vendredi 6 mars 2026, à Conakry, son deuxième rapport annuel de suivi citoyen des impacts du projet minier Simandou.
Ce document, intitulé ’’Simandou face aux communautés : Réalités de terrain et plaidoyer pour une justice environnementale et sociale’’, compile les observations des comités de suivi communautaires dans sept localités des préfectures de Forécariah, Kindia, Mamou, Kérouané et Beyla, zones traversées par la voie ferrée reliant les sites miniers au port d’exportation.
Impacts environnementaux documentés
Le rapport identifie la pollution des cours d’eau comme la préoccupation principale, due aux activités des entreprises impliquées, avec des cas signalés à Sekoussoriyah (Kindia), Oure Kaba (Mamou), Damaro et Karako-Konsankoro (Kérouané).
Des terres agricoles non expropriées sont envahies par des boues et résidus de chantier le long du corridor ferroviaire, rendant des dizaines d’hectares incultivables, tandis que des zones de pêche à Kaback (Forécariah) subissent la destruction de filets et la fuite des poissons due aux remblais et déversements de boue rouge.
Conséquences sociales et sanitaires
Des fissures affectent plus d’une centaine de bâtiments, notamment à Kabak, Madina-Oula et autour du tunnel de 11,5 km, attribuées aux vibrations des dynamitages, avec des réparations jugées insuffisantes.
Les nuisances sonores et vibrations impactent la santé, particulièrement des femmes enceintes et personnes cardiaques à Madina-Oula.
À Bantamaya (Ouré Kaba), plus de 40 personnes attendent une réinstallation adéquate, malgré des logements fournis, en raison d’infrastructures inadaptées sur le nouveau site.
Actions des comités et réponses des entreprises
Les comités de suivi ont sensibilisé près de 2 800 personnes et documenté 48 impacts transmis via les mécanismes de gestion des plaintes des entreprises.
Sur 16 impacts rapportés à Kérouané, seuls quatre ont été partiellement traités, douze restant sans solution concrète après plusieurs mois.
Ibrahima Sory Kourouma, coordinateur du plaidoyer chez AMINES, note une ouverture au dialogue mais insiste sur le retard des résolutions, dépassant souvent le délai d’un mois prévu.
Perspectives et recommandations
Le projet Simandou, impliquant Rio Tinto SIMFER et Winning Consortium Simandou, promet une croissance du PIB guinéen de 26% d’ici 2030 selon le FMI, avec une production initiale de 10 millions de tonnes de minerai de fer dès 2026.
ACTION MINES reconnaît son importance économique tout en appelant à plus de transparence, de consultations et de respect des engagements environnementaux et sociaux par les entreprises et l’État.
Alphadjo Diallo






