Le gouvernement guinéen a annoncé l’injection d’une nouvelle coupure de billet de banque dans la circulation, une mesure visant à pallier les effets de la thésaurisation excessive des espèces.
Cette décision suscite des débats parmi les économistes, qui y voient à la fois une réponse nécessaire et un remède aux risques inflationnistes.
Face à une économie où les ménages et les entreprises stockent massivement les billets hors du circuit monétaire, l’impression de nouveaux billets apparaît comme une stratégie pour relancer la liquidité.
Selon Oury Alsseny Baldé, économiste guinéen contacté par nos soins, cette approche repose sur un principe économique clair.
« Créer la monnaie est l’une des solutions. Ça consiste à déprécier la valeur de la monnaie si elle est stockée pour forcer sa circulation. Personne n’acceptera de garder une monnaie qui se déprécie du jour au jour», explique-t-il.
Cette mesure s’inscrit dans un contexte de rareté de liquidités qui freine les échanges commerciaux et pèse sur le pouvoir d’achat des guinéens.
Bien que l’impression de billets risque d’éroder la valeur de la monnaie nationale, ce spécialiste estime que le statu quo est pire.
« C’est vrai qu’une nouvelle impression de billets rendra le pouvoir d’achat faible, mais avec cette thésaurisation excessive […]. C’est une mauvaise solution quand même, mais je préfère un pouvoir d’achat faible que l’absence totale de pouvoir d’achat », admet notre interlocuteur.
Les autorités n’ont pas encore détaillé le montant de l’émission ni les modalités de distribution, mais des observateurs craignent une accélération de l’inflation, déjà à 12% sur l’année écoulée selon la Banque centrale.
Des mesures complémentaires, comme une meilleure traçabilité des flux monétaires ou des incitations fiscales, pourraient atténuer ces effets, soulignent certains analystes.
Cette annonce intervient alors que la Guinée fait face à des défis macroéconomiques persistants, exacerbés par la volatilité des cours des matières premières, dont la bauxite qui domine ses exportations.
Alphadjo Diallo





