La République de Guinée est confrontée depuis plusieurs mois à une crise de liquidités marquée par une rareté des billets de banque dans les circuits formels.
Cette situation, qui touche aussi bien les ménages que les opérateurs économiques, perturbe les transactions quotidiennes et ralentit certaines activités commerciales.
Pour tenter d’endiguer cette tension monétaire, la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), en collaboration avec la Présidence de la République et plusieurs acteurs du secteur privé, a engagé une série de concertations visant à identifier des solutions structurelles.
Ces échanges interviennent dans un contexte où la circulation fiduciaire reste déséquilibrée, malgré les efforts d’injection de liquidités.
Le gouverneur de la BCRG, Dr Karamo Kaba, a récemment indiqué que l’institution monétaire a considérablement accru la mise en circulation de billets.
Selon lui, ce niveau d’injection est inédit dans l’histoire récente du pays.
Toutefois, il souligne un phénomène préoccupant : une grande partie de ces fonds ne retourne pas dans le système bancaire.
« Une proportion très faible des billets injectés revient dans les banques », a-t-il expliqué dans une intervention relayée par les médias publics.
Des analystes économiques attribuent cette situation à plusieurs facteurs, notamment la thésaurisation des espèces par les particuliers et les entreprises, un manque de confiance envers les institutions financières, ainsi que la prédominance des transactions en numéraire dans l’économie guinéenne.
A cela s’ajoutent des contraintes structurelles telles que la faible inclusion financière et l’accès limité aux services bancaires dans certaines zones.
La BCRG affirme avoir engagé des réformes pour améliorer la circulation monétaire et renforcer la bancarisation.
Parmi les pistes évoquées figurent la promotion des paiements électroniques, le développement des services financiers digitaux et la mise en place de mesures visant à rassurer les usagers du système bancaire.
Pour les autorités monétaires, la restauration de la confiance demeure un enjeu central.
« Le retour des fonds dans les banques est indispensable pour assurer la fluidité du système financier », a souligné le gouverneur, insistant sur la nécessité d’un changement de comportement des usagers vis-à-vis des institutions financières.
Des économistes rappellent que la solidité du secteur bancaire constitue un levier essentiel pour soutenir la croissance économique, en facilitant l’accès au crédit et en améliorant la mobilisation de l’épargne nationale.
Dans cette perspective, la transition vers une économie davantage numérisée apparaît comme un axe stratégique pour réduire la dépendance aux espèces.
A l’issue des concertations, les différents acteurs impliqués, notamment les opérateurs économiques et industriels, ont réaffirmé leur engagement à accompagner les initiatives visant à résorber la crise.
Reste à savoir si les mesures envisagées permettront, à court et moyen termes, de rétablir un niveau de liquidité suffisant dans l’économie guinéenne.
Alphadjo Diallo






