Sannou- Sous un soleil de plomb mais dans une ferveur populaire indescriptible, les autorités locales, les partenaires internationaux et la communauté éducative ont officiellement inauguré, mercredi 8 avril 2026, les nouvelles infrastructures scolaires du projet « Diogodiral Gasteiz-Futa ».
Entre émotion, gratitude et appels à la pérennisation, retour sur une journée placée sous le signe de la solidarité internationale.
Un pont solidaire entre Vitoria-Gasteiz et le Fouta
Le projet, dont le nom ’’Diogodiral’’ (Union) symbolise la force du collectif, est le fruit d’un partenariat exemplaire qui a été initié par l’association Haaly Pular de Vitoria-Gasteiz, financé par la mairie de Vitoria-Gasteiz (Espagne) et exécuté par l’ONG SOS Guinée Verte-AIDES.

Pour le Président de SOS GV-AIDES, Ibrahima Halimatou Diallo, cette inauguration n’est pas qu’une simple remise de clés, mais un levier de transformation sociale.
« Ces réalisations offrent désormais un cadre d’apprentissage plus sûr, plus structuré et conforme aux standards nationaux », a-t-il affirmé, rappelant que le projet a permis la construction d’un collège de quatre salles de classe, d’une direction équipée et d’un système d’approvisionnement en eau.
La Communauté de Sannou : Un acteur, pas un spectateur
Située à 25 km de Labé, la commune rurale de Sannou, forte de ses 15 650 habitants, a démontré que le développement ne se décrète pas, il se bâtit ensemble.
Elhadj Habib, ex-maire et vice-président du comité de suivi, a souligné l’engagement exceptionnel des citoyens.
« Dans le cadre de la contribution communautaire, la population a pu mobiliser un montant de 151 188 000 francs guinéens », a-t-il indiqué dans son discours.
Un effort colossal qui témoigne de la soif de savoir d’une localité qui compte déjà 13 écoles primaires et un collège désormais qui répond aux normes standards nationaux.
La relève s’engage
S’exprimant au nom de tous ses camarades, Kadiatou Diallo, élève en classe de 9ème année, a su trouver les mots justes pour traduire l’espoir d’une génération.
« Construire une école, c’est fermer une prison, nous disait Victor Hugo », a-t-elle rappelé avec solennité.
Ce collège, enchaîne-t-elle, est bien plus qu’un simple projet immobilier, c’est un acte fondateur, un investissement précieux pour l’épanouissement de tous les enfants.

« Grâce à vous, nous avons désormais un environnement moderne, sûr et stimulant », s’est félicité la porte-parole des élèves.
Consciente des responsabilités qui incombent désormais aux élèves, elle a conclu par une promesse ferme.
« Cette école est la nôtre… Nous prenons l’engagement que nous allons étudier », s’engage-t-elle au nom de ses camarades.
Expertise technique et résilience : le défi de la construction
La concrétisation de ce joyau architectural est aussi le fruit du travail acharné de l’Entreprise de Construction des Ouvrages Publics et Prestations de Services (ENCOPP).

Son Directeur Général, Abdoulaye Baldé, a tenu à saluer la résilience de ses équipes et la collaboration des locaux face aux aléas du chantier.
« Nous voudrions remercier la population de Sannou pour son hospitalité et pour avoir accepté de travailler avec nous dans des conditions très difficiles. Malgré les variations de prix et les obstacles, nous avons réussi à offrir ces infrastructures gigantesques et magnifiques, conformément aux règles techniques et aux délais du cahier des charges », a-t-il déclaré, avant de conclure par un vibrant appel à la paix et à la continuité.
Alphabétisation : Les femmes sortent de l’ombre
L’un des moments les plus poignants de la cérémonie fut le témoignage d’Aissatou Ly, porte-parole des bénéficiaires du volet alphabétisation. Pour ces femmes, l’école n’est plus un lieu réservé aux enfants, mais un espace de conquête de l’autonomie.

« Lorsque le programme a été lancé, nous ne savions même pas dicter un numéro de téléphone. Grâce à ce programme, beaucoup parmi nous savent lire de nos jours », a-t-elle confié avec émotion.
Des appels vibrants à l’entretien et à la pérennité
Venu spécialement d’Espagne, Aitor Gabilondo, volontaire de Haaly Pular et ancien chef de la coopération de Vitoria, a rappelé le parcours inspirant des initiateurs du projet.

« Les personnes qui nous ont présenté ce projet à Vitoria sont venues du Fouta en ayant étudié simplement au collège. D’autres ne savaient pas lire (… ) mais elles ont su présenter un grand projet», rappelle-t-il, avant d’exhorter élèves et professeurs à prendre soin de ce bijou pour honorer cette solidarité.
Appel à la pérennité : Les messages de Haaly Pular et BETIPRES
La pertinence de cet événement a été renforcée par les interventions des piliers stratégiques du projet.
Le Secrétaire Général de Haaly Pular Espagne a insisté sur le fait que la réussite de ce projet réside désormais dans sa gestion.

Dans son message, Salif Diallo a rappelé que l’effort de la diaspora ne prend tout son sens que si la communauté locale s’approprie l’ouvrage.
Il a exhorté les bénéficiaires à faire du maintien de cette infrastructure une priorité quotidienne, soulignant que la propreté et la préservation du matériel scolaire sont les garants de la confiance renouvelée des partenaires.
De son côté, le Directeur Général du Bureau d’Études Travaux d’Ingénierie & de Prestations (BETIPRES) a mis l’accent sur l’aspect technique du maintien de la structure.

M. Abdoulaye Guimbo Diallo a rappelé que le collège et ses annexes ont été conçus selon des normes de qualité rigoureuses pour durer, mais que cette longévité dépendra d’un entretien technique régulier.
« Donc, prenez-en soin. Évitez que l’infrastructure ne soit prématurément usée, car c’est un outil de développement qui ne doit pas subir l’usure prématurée par négligence, car chaque réparation évitée est un investissement de plus pour l’éducation des générations futures», invite-t-il, remerciant au passage la mairie de Victoria qui a financé ce grand projet.
La cérémonie, qui marquait la présence des représentants du Sous-préfet et du Directeur Préfectoral de l’Éducation (DPE), s’est conclue par des bénédictions solennelles.

L’imam ratib, Elhadj Alimou Baldé, a formulé des prières pour que ce temple du savoir soit le berceau des futurs cadres de la nation.
Alphadjo Diallo






