À l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la liberté de la presse, le Syndicat des professionnels de la presse de Guinée (SPPG) traverse une double zone de turbulences, marquée à la fois par un désaccord interne au sein de son Bureau exécutif national et par une rupture avec les organisations patronales du secteur.
Dans une déclaration rendue publique, plusieurs membres du syndicat ont pris leurs distances avec un communiqué attribué au Secrétaire général. Ils dénoncent une initiative « unilatérale », affirmant que le document a été rédigé et diffusé sans consultation préalable, ni validation collective.
Selon ces membres, cette démarche contrevient aux principes de fonctionnement collégial, de transparence et de démocratie interne qui doivent régir une organisation syndicale. Ils estiment qu’une telle communication engage à tort l’ensemble du Bureau et porte atteinte à la crédibilité du SPPG.
Les signataires condamnent également une méthode qu’ils jugent contraire aux règles de gouvernance interne, rappelant que toute prise de position officielle devrait faire l’objet d’échanges et, idéalement, d’un consensus ou d’un processus décisionnel inclusif.
En conséquence, ils déclinent toute responsabilité quant au contenu du communiqué incriminé et appellent à un retour aux pratiques de gestion concertée.
Parallèlement à ces dissensions internes, le SPPG a annoncé son retrait des concertations engagées avec les organisations patronales de la presse, dans le cadre des préparatifs du 3 mai.
Le syndicat justifie cette décision par la non-prise en compte des préoccupations des employés des médias dans le projet de déclaration commune.
Dans son communiqué officiel, le Bureau national explique avoir participé aux discussions à l’invitation de la Maison de la presse, tout en relevant des divergences persistantes avec le bloc patronal. Malgré des concessions consenties au cours des échanges, le syndicat affirme que ses principales revendications ont été ignorées.
Le SPPG dénonce également certaines initiatives jugées « contraires aux valeurs de la presse indépendante », notamment un projet visant à décerner des satisfecits à des commissaires de la Haute Autorité de la communication (HAC), accusés par le syndicat d’adopter une posture répressive envers certains médias.
Face à ce qu’il considère comme un refus de prendre en compte les droits et préoccupations des travailleurs du secteur, le syndicat a décidé de se retirer des discussions et de ne pas s’associer à la cérémonie prévue par les organisations patronales. Il annonce, en revanche, la publication de sa propre déclaration à l’occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse.
Cette double crise, à la fois interne et externe, intervient dans un contexte où les acteurs des médias sont appelés à promouvoir les principes de liberté, de responsabilité et de solidarité professionnelle, au cœur des enjeux du 3 mai.
La rédaction






