A Conakry, une affaire impliquant une artiste de la scène musicale guinéenne et deux créateurs de contenus numériques suscite de vives réactions depuis le début de la semaine.
En cause, des déclarations tenues lors d’une émission diffusée sur les réseaux sociaux, jugées contraires aux bonnes mœurs et susceptibles de tomber sous le coup de la loi.
Selon des informations concordantes, la chanteuse Hadya a été interpellée le lundi 18 mai 2026 sur instruction du procureur de la République près le tribunal de première instance de Dixinn. Elle aurait été conduite dans les locaux de la Brigade de recherches de Kipé, où elle a été entendue par les enquêteurs dans le cadre d’une procédure judiciaire en cours.
Les faits remontent à une interview accordée à deux influenceurs bien connus de la sphère numérique locale, identifiés sous les pseudonymes Saad et Sopralpha.
Au cours de cet entretien, largement relayé sur les plateformes sociales, certains propos de l’artiste ont été perçus par de nombreux internautes comme une banalisation de pratiques assimilables au proxénétisme, ce qui a rapidement provoqué une polémique.
Saisie de l’affaire, l’Office de protection du genre, de l’enfance et des mœurs (OPROGEM) a procédé à l’audition des deux créateurs de contenus dès le lundi matin. À l’issue de leur interrogatoire, ces derniers ont été placés en garde à vue pour les besoins de l’enquête, selon des sources proches du dossier.
Cette affaire intervient dans un contexte de vigilance accrue des autorités guinéennes face à la prolifération de contenus jugés sensibles ou contraires aux valeurs sociales sur les réseaux sociaux.
Ces dernières années, plusieurs interpellations ont été enregistrées dans des dossiers similaires, traduisant une volonté affichée de réguler davantage l’espace numérique.
Pour l’heure, aucune communication officielle détaillée n’a été faite sur les chefs d’accusation retenus contre les personnes mises en cause. L’enquête se poursuit afin de déterminer les responsabilités de chacun dans cette affaire qui continue d’alimenter les débats au sein de l’opinion publique.
En attendant d’éventuelles poursuites judiciaires, cette situation relance la question de la responsabilité des acteurs culturels et des créateurs de contenus dans la diffusion de messages auprès du grand public, notamment sur des plateformes à forte audience.
Dossier à suivre !
Mariam Sylla






