La commune urbaine de Kankan a connu une journée de fortes tensions, samedi 23 mai 2026, à la suite de manifestations déclenchées par la mort de Karifa Condé, un chauffeur âgé de 22 ans, décédé vendredi sur l’axe Kankan-Kissidougou dans des circonstances impliquant des agents des forces de sécurité.
Dès le début de l’après-midi, plusieurs groupes de jeunes sont descendus dans les rues des quartiers Dareslam et Bordo pour exprimer leur colère.
Les manifestants dénonçaient non seulement la mort du jeune conducteur, mais également la répétition d’incidents mortels liés à des courses-poursuites avec les forces de l’ordre dans la région.
Certains protestataires ont notamment évoqué un précédent drame récemment enregistré au rond-point Missirian.
La situation s’est rapidement dégradée dans plusieurs secteurs de Bordo. Des barricades ont été érigées sur certaines artères, perturbant fortement la circulation.
Des affrontements ont éclaté entre les manifestants et les forces de sécurité, avec des jets de pierres d’un côté et des tirs de gaz lacrymogènes de l’autre.
Selon les premières informations communiquées par les autorités judiciaires, Karifa Condé aurait été poursuivi avant d’être mortellement percuté par un véhicule des forces de sécurité.
Face à l’émotion suscitée par ce drame, le procureur de la République près le tribunal de première instance de Kankan, Fodé Bintou Keïta, a annoncé l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire pour meurtre.
Le magistrat a également indiqué que plusieurs personnes soupçonnées d’implication dans cette affaire avaient déjà été interpellées et placées à la brigade de recherches pour les besoins des investigations. Il a assuré que les autorités entendaient faire toute la lumière sur les circonstances du décès.
Dans une déclaration publique, le procureur a précisé que la hiérarchie policière nationale avait été saisie du dossier. Il a notamment affirmé avoir été contacté par le haut commandement de la police afin de présenter les condoléances à la famille de la victime et de donner des instructions fermes pour l’interpellation des agents suspectés.
Les autorités judiciaires ont par ailleurs insisté sur la mission de protection dévolue aux forces de l’ordre.
Le procureur a rappelé que les services de sécurité doivent garantir la protection des citoyens et de leurs biens, estimant qu’il était inacceptable que des agents deviennent eux-mêmes une source d’insécurité dans l’exercice de leurs fonctions.
En parallèle des opérations de maintien de l’ordre et de l’enquête judiciaire, les autorités ont procédé à la restitution du corps du défunt à sa famille pour les cérémonies funéraires.
Cette nouvelle affaire relance le débat sur les méthodes d’intervention des forces de sécurité lors des contrôles routiers et des courses-poursuites en Guinée, alors que plusieurs organisations de la société civile appellent régulièrement à davantage de responsabilité et au respect des droits des citoyens dans les opérations de maintien de l’ordre.
Alhassane Baldé






