L’élimination du Maroc en quarts de finale de la Coupe du monde 2026, battu 2-0 par la France, a marqué la fin du parcours des sélections africaines dans la compétition. Dernier représentant du continent encore en lice, le Maroc laisse derrière lui un bilan global contrasté pour l’Afrique, entre compétitivité affirmée et limites persistantes.
Seule équipe africaine à atteindre les quarts de finale, le Maroc a confirmé son statut de locomotive continentale.
Solides dès la phase de groupes, les Lions de l’Atlas ont affiché une maîtrise collective et une capacité d’adaptation remarquées, notamment avec un match nul face au Brésil et plusieurs victoires convaincantes.
Mais face à une équipe de France plus expérimentée et mieux armée tactiquement, l’écart de niveau s’est fait sentir. Comme en 2022, où ils avaient été stoppés en demi-finale, les Marocains ont buté sur un adversaire issu du très haut niveau mondial.
Au-delà du parcours marocain, plusieurs sélections africaines ont suscité des espoirs sans parvenir à franchir les étapes décisives. Le Senegal national football team et la Ivory Coast national football team ont été éliminés dès les seizièmes de finale, malgré des prestations prometteuses.
Le Sénégal a notamment laissé filer une avance de deux buts face à la Belgique, finalement renversé en toute fin de match et en prolongation. La Côte d’Ivoire, de son côté, a cédé face à la Norvège portée par l’efficacité offensive d’Erling Haaland.
Même scénario frustrant pour l’Egypt national football team, éliminée après avoir mené contre l’Argentine avant de s’effondrer dans les dernières minutes. Ces revers illustrent une constante : la difficulté des équipes africaines à gérer les moments décisifs, ce « money time » qui distingue souvent les grandes équipes des très grandes.
Pour autant, certaines sélections ont laissé une impression positive. La RDC a tenu tête au Portugal et inquiété l’Angleterre, tandis que le Cap Vert s’est illustré par sa solidité en phase de groupes et sa résistance face à l’Argentine en prolongation. Des performances qui témoignent d’une progression globale du niveau sur le continent.
L’élargissement du tournoi à 48 équipes a permis à dix nations africaines de participer à cette édition. Toutefois, ce format relativise la portée des résultats : comme lors des éditions précédentes, seules deux équipes ont atteint les huitièmes de finale.
Pour le journaliste Philippe Doucet, spécialiste du football africain, ces performances sont « ni décevantes ni anormales », mais traduisent une stagnation au plus haut niveau.
Au final, l’Afrique confirme sa capacité à rivaliser sur certaines séquences de jeu et à franchir le premier tour avec plus de régularité qu’auparavant.
Mais le cap des derniers tours reste difficile à atteindre. La marge de progression se situe désormais dans les détails : gestion des fins de match, expérience des grands rendez-vous et profondeur d’effectif.
A l’horizon 2030, avec une Coupe du monde coorganisée notamment par le Maroc, le continent aura une nouvelle opportunité de transformer ces promesses en résultats concrets.
D’ici là, le chantier reste ouvert pour franchir ce plafond de verre et inscrire durablement une sélection africaine parmi les prétendants au titre mondial.
La rédaction






