Malgré une croissance économique de 7,4 % en 2025, la Guinée reste confrontée à des déséquilibres budgétaires, à un accès limité au crédit et à un marché du travail largement dominé par l’informel.
Dans son rapport de suivi de la situation économique, publié en septembre 2026, la Banque mondiale souligne les limites d’un modèle de croissance encore fortement dépendant du secteur minier.
Le premier signal d’alerte concerne les finances publiques. Alors que les recettes de l’État ont atteint 18,2 % du produit intérieur brut (PIB) en 2025, les dépenses ont progressé à 27,1 % du PIB, sous l’effet notamment des investissements et des dépenses liées aux élections. Le déficit budgétaire s’est ainsi creusé, passant de 4,9 % du PIB en 2024 à 8,9 % en 2025.
Dans le même temps, la dette publique a atteint 51,5 % du PIB, contre 43,5 % un an auparavant, principalement en raison de l’augmentation des emprunts intérieurs, plus coûteux et assortis d’échéances généralement plus courtes.
Le financement de l’économie constitue une autre faiblesse majeure. Malgré l’assouplissement de la politique monétaire, le crédit au secteur privé ne représentait que 10,2 % du PIB en 2025.
La Banque mondiale relève également une pénurie persistante de liquidités physiques, les avoirs en espèces détenus dans les banques ayant diminué de 16,5 % sur un an. Ces difficultés limitent les capacités d’investissement des entreprises, notamment des petites et moyennes entreprises.
Le marché du travail reste, lui aussi, marqué par de profondes insuffisances. Selon le rapport, l’emploi salarié formel ne représente que 8,5 % de la main-d’œuvre, tandis que plus de 81 % des Guinéens dépendent du travail indépendant ou des entreprises familiales.
Un jeune sur trois, âgé de 15 à 24 ans, n’est ni en emploi, ni en études, ni en formation. Les femmes sont particulièrement exposées : leur taux d’activité s’établit à 43 %, contre 63 % pour les hommes, et plus de 95 % de leurs emplois sont considérés comme vulnérables.
Enfin, la diversification économique demeure freinée par les difficultés de transport et de logistique, les contraintes douanières, l’accès limité au financement et la faible productivité agricole.
Alors que l’agriculture emploie plus de 60 % de la population, les pertes après récolte et les difficultés d’accès aux marchés continuent de limiter son potentiel.
Pour la Banque mondiale, l’essor attendu du projet Simandou ne suffira pas, à lui seul, à corriger ces déséquilibres.
La transformation de la croissance en emplois durables et en amélioration du niveau de vie dépendra notamment d’une meilleure gestion des finances publiques, du développement du secteur privé non minier et d’investissements ciblés dans l’agriculture, les infrastructures et le capital humain.
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Fodé Soumah






