Le président de la Chambre nationale des huissiers de justice de Guinée, Aboubacar Camara, et l’huissier Alhassane Bah ont comparu, mercredi 21 octobre 2026, devant la CRIEF. Ils sont poursuivis pour plusieurs infractions présumées dans une affaire liée à la société GPMS.
Les deux prévenus comparaissent libres. Les poursuites portent notamment sur des faits présumés de corruption, d’abus de confiance et de concussion. Elles concernent aussi l’entrave au bon fonctionnement de la justice, l’association de malfaiteurs, le faux et l’usage de faux en bande organisée, ainsi que la complicité.
Les faits présumés auraient été commis au préjudice de GPMS. Kabinet Diané représente la société dans cette procédure.
À la barre, les deux huissiers ont contesté les accusations portées contre eux.
Aboubacar Camara nie toute implication
Dans sa déposition, Aboubacar Camara a rejeté les faits qui lui sont reprochés. Il a expliqué avoir été sollicité pour une procédure de recouvrement portant sur un montant principal de 3 milliards 909 millions de francs guinéens.
Selon lui, maître Moussa Sidibé, avocat de GPMS, avait demandé cette démarche. Il affirme toutefois s’être retiré du dossier après la saisine du tribunal de commerce.
« Depuis que l’assignation a été faite devant le tribunal de commerce, j’ai quitté cette procédure. Donc, dans cette procédure, je n’ai tiré aucun avantage au préjudice de la société GPMS », a-t-il déclaré devant la cour.
De son côté, maître Alhassane Bah a également nié toute implication dans les faits poursuivis. Il a affirmé ne pas connaître le représentant de la partie civile et n’avoir jamais échangé avec lui.
« Je ne connais rien dans cette procédure et je n’ai jamais connu cette partie civile. Je n’ai jamais échangé avec lui. C’est ma première fois de voir cette partie civile », a-t-il soutenu.
GPMS évoque un préjudice
Kabinet Diané a déclaré avoir subi un préjudice en raison des actes qu’il attribue aux deux huissiers. Il a notamment mis en cause une saisie conservatoire effectuée par Aboubacar Camara.
Selon lui, cette mesure aurait retardé la procédure et entraîné des conséquences importantes pour GPMS.
La défense a toutefois contesté la qualité de Kabinet Diané pour représenter la société devant la cour. Les avocats des prévenus ont estimé qu’il devait présenter un mandat prouvant son habilitation à intervenir au nom de GPMS.
La cour a renvoyé l’affaire au 28 octobre 2026. À cette audience, Kabinet Diané devra présenter le mandat demandé, avant la poursuite des débats.
Fodé Soumah






