L’État guinéen a mobilisé 4 579 milliards de francs guinéens (GNF) grâce à un emprunt obligataire. Ce montant dépasse largement l’objectif initial de 2 500 milliards GNF, avec un taux de souscription de 183 %. Les autorités ont présenté ces résultats vendredi 30 octobre 2026, lors d’un point de presse à la Banque centrale de la République de Guinée.
La rencontre a réuni la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, le gouverneur de la Banque centrale, Karamo Kaba, et le directeur général d’Afriland First Bank, Guy Laurent Fondjo.
À cette occasion, la ministre a salué le niveau de mobilisation des ressources. Elle y voit un signe de confiance envers l’État et les perspectives économiques du pays.
Réalisée avec Afriland First Bank, l’opération portait sur un objectif initial de 2 500 milliards GNF. Elle propose un taux d’intérêt de 11 % et une durée de remboursement de cinq ans.
Selon Mariama Ciré Sylla, les souscriptions ont largement dépassé les prévisions du gouvernement. Elle a également relevé une progression par rapport à l’exercice précédent. L’État avait alors mobilisé 1 500 milliards GNF.
La ministre a aussi défendu la soutenabilité de cet emprunt pour les finances publiques. Elle a précisé que le gouvernement l’avait intégré dans la programmation de la dette publique. Sa durée de cinq ans doit permettre d’étaler les remboursements.
Mariama Ciré Sylla a par ailleurs rappelé que la Guinée figure, selon elle, parmi les pays les moins endettés d’Afrique de l’Ouest. Elle a également évoqué les perspectives de croissance économique à l’horizon 2030. Ces prévisions constituent, à ses yeux, un facteur favorable à la gestion de la dette.
Des investissements dans les secteurs prioritaires
Concernant l’utilisation des fonds, la ministre a écarté leur affectation aux dépenses de fonctionnement de l’administration. Le gouvernement prévoit plutôt de financer des investissements publics dans plusieurs secteurs prioritaires.
L’éducation, la santé, les infrastructures et l’agriculture figurent parmi les domaines ciblés. Selon la ministre, ces investissements doivent favoriser la création d’emplois et la génération de revenus. Ils doivent également améliorer l’accès des populations aux services publics.
Mariama Ciré Sylla a ensuite expliqué les raisons du taux d’intérêt de 11 %. Elle a notamment cité les particularités du franc guinéen, les fluctuations du taux de change et les conditions monétaires nationales.
Elle a rappelé que le taux directeur de la Banque centrale s’établit à 9,5 %. La ministre estime que le taux proposé tient compte des conditions du marché financier guinéen. Il prendrait également en considération les intérêts des établissements bancaires.
Le gouvernement veut élargir le marché financier local
Au-delà de cette opération, les autorités souhaitent renforcer le marché financier national. Elles veulent notamment mobiliser davantage l’épargne intérieure et diversifier les sources de financement du développement.
Dans cette perspective, Mariama Ciré Sylla a annoncé une ouverture plus large des prochains emprunts obligataires. Le gouvernement souhaite dépasser le cercle des banques et des investisseurs institutionnels.
Les citoyens et les entreprises guinéennes sont également encouragés à participer à ces opérations. Cette démarche vise à élargir la base des souscripteurs et à mobiliser davantage de ressources locales.
Pour la ministre, cette mobilisation représente un enjeu de souveraineté financière. Elle doit permettre à l’État de financer ses investissements avec des ressources nationales. Le gouvernement entend ainsi limiter sa dépendance aux financements extérieurs.
Avec 4 579 milliards GNF mobilisés, l’emprunt obligataire dépasse donc son objectif initial. Le gouvernement devra désormais traduire ces ressources en investissements concrets dans les secteurs annoncés.
Mariam Sylla






