L‘audience en appel concernant l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana et l’ex-ministre de la Défense Mohamed Diané a été reportée ce jeudi 19 février 2026. En cause, l’absence du ministère public, indispensable à la tenue des débats.
Le calendrier judiciaire de la Cour de Répression des Infractions Economiques et Financières (CRIEF) a connu un coup d’arrêt ce jeudi. Alors que la chambre des appels devait se pencher sur les dossiers de deux figures majeures de l’ancien régime, la séance a dû être levée prématurément.
Une procédure suspendue à la présence du parquet
Le renvoi au 5 mars prochain a été formellement prononcé en raison de l’absence du parquet spécial. En droit pénal, la participation du ministère public est une condition de validité de l’audience, celui-ci ayant pour mission de soutenir l’accusation et de prononcer ses réquisitions. Sans représentant du parquet, les débats ne peuvent légalement s’ouvrir.
Les griefs de la défense
À la sortie de la salle d’audience, la défense a exprimé ses vives inquiétudes. Me Sidiki Bérété, l’avocat d’Ibrahima Kassory Fofana, a pointé du doigt les conséquences de ce nouveau report. Il cite, entre autres :
Détention prolongée : L’avocat rappelle que ses clients sont placés sous mandat de dépôt depuis avril 2022.
État de santé : Selon Me Bérété, l’état de santé de l’ancien Premier ministre reste « préoccupant » et nécessite une prise en charge que seule une issue judiciaire ou une évacuation pourrait permettre.
Sécurité juridique : La défense a qualifié d’« incompréhensible » l’absence de la partie poursuivante, estimant que ce défaut porte atteinte aux droits des prévenus et au bon fonctionnement de l’instance.
Un contexte post-électoral scruté
Au-delà de l’aspect technique, Me Bérété a déploré la persistance d’un climat judiciaire qu’il juge rigide malgré la fin de la période électorale présidentielle.
Pour la défense, le dossier revêt une dimension politique qui, selon elle, entrave la libération des deux anciens hauts responsables.
Le rendez-vous est désormais fixé au 5 mars 2026. La chambre des appels devra alors statuer sur la régularité des procédures ainsi que sur les demandes de mise en liberté, sous réserve que toutes les parties soient cette fois réunies.
Fodé Soumah






