Un nouveau développement judiciaire est intervenu dans le cadre du second volet du procès relatif aux événements du 28 septembre 2009. Les avocats du colonel Bienvenue Lamah ont saisi, lundi 23 février 2026, le Procureur général près la Cour d’appel de Conakry d’une plainte visant plusieurs documents médicaux versés au dossier par des parties civiles.
Dans leur correspondance adressée au parquet général, les conseils de l’officier mettent en avant ce qu’ils qualifient d’« irrégularités majeures » susceptibles, selon eux, de constituer des infractions de faux, usage de faux et tentative d’escroquerie au jugement. Ils demandent qu’une vérification approfondie soit engagée sur l’authenticité de certaines pièces.
Points de contestation soulevés
La défense concentre ses critiques sur plusieurs éléments techniques. Elle évoque notamment le cas d’un plaignant affirmant avoir été blessé par balle lors des événements de 2009.
D’après les avocats, le certificat médical produit mentionnerait une date de blessure antérieure aux faits poursuivis, ce qui, selon eux, soulèverait des incohérences chronologiques.
Autre argument avancé : la présence de numéros de téléphone à neuf chiffres sur certains certificats établis en 2009. Les conseils rappellent que la réforme du plan national de numérotation en Guinée est intervenue en 2013, estimant que cette mention pourrait remettre en question la date effective d’émission des documents.
La défense soutient également que certains établissements de santé cités dans les certificats contestés n’étaient pas légalement constitués à la période indiquée. Elle relève enfin des variations de présentation et d’en-têtes sur des documents attribués à un même centre hospitalier universitaire pour une période identique, considérant que ces divergences méritent examen.
Demande d’investigations
Au regard de ces éléments, les avocats sollicitent l’ouverture d’une enquête judiciaire afin de déterminer l’authenticité des pièces incriminées. Ils demandent en outre la mise sous scellés des documents concernés, dans l’attente d’éventuelles conclusions d’expertise.
À ce stade, le Procureur général près la Cour d’appel de Conakry ne s’est pas publiquement exprimé sur la recevabilité de la plainte ni sur les suites procédurales qui pourraient être engagées.
Si une enquête venait à être ordonnée, ses conclusions pourraient avoir des incidences procédurales sur l’appréciation des preuves versées au dossier et, éventuellement, sur la stratégie des différentes parties dans la suite des débats judiciaires.
Mariam Sylla






