Dans la vie des nations, il existe des hommes dont la valeur ne se mesure ni à la longueur d’un curriculum vitae ni au prestige d’un titre administratif. Leur véritable importance se révèle dans l’empreinte qu’ils laissent sur les institutions et dans l’inspiration qu’ils suscitent dans les consciences. Moudjitaba Barry appartient à cette catégorie rare de serviteurs publics : celle des bâtisseurs silencieux, des esprits lucides et des patriotes qui choisissent d’agir pour leur pays plutôt que de simplement parler en son nom.
Revenu de la diaspora avec la conviction intime que l’amour de la patrie se prouve davantage par l’action que par les slogans, après de très longues années de luttes pour la démocratie et les droits de l’homme que nous avons partagées et menées ensemble, il s’inscrit dans la dynamique de renouveau née avec l’avènement du Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD) en 2021. Non par opportunisme, mais par foi en la capacité de son pays à se relever lorsque ses fils décident d’y investir leur intelligence, leur énergie et leur intégrité.
Le 18 juillet 2022, sa nomination comme Directeur Général Adjoint du Stade Général Lansana Conté de Nongo a marqué un tournant. Dans ce temple du sport guinéen, situé au cœur de Conakry, il ne s’est pas contenté d’occuper un bureau. Il a habité une mission et incarné ses valeurs.
Dès ses premiers pas, Moudjitaba Barry a compris une vérité simple : aucune infrastructure ne vaut plus que les femmes et les hommes qui la font vivre. Restaurer les droits, redonner la dignité, instaurer le respect mutuel — voilà ce qui fut son premier chantier.
Aujourd’hui, les travailleurs du stade témoignent d’un climat apaisé, professionnel, humain. La gestion n’est plus un exercice d’autorité, mais une œuvre collective. Le leadership ne s’y impose pas par la peur, mais par l’exemple. Et c’est sans doute là sa plus grande victoire.
Sous son impulsion, le stade de Nongo n’est plus un symbole fatigué. Il est en pleine rénovation, en pleine renaissance. Peu à peu, il retrouve sa vocation première : être un fleuron des infrastructures sportives nationales, un espace de fierté populaire, un lieu d’unité.
Mais au-delà des murs et des tribunes, c’est une vision qui se reconstruit : celle d’un sport structuré, crédible, porteur de valeurs. Une vision où la rigueur administrative se conjugue avec la passion du jeu.
Je me dois de faire ce témoignage sur l’homme que j’ai connu et pratiqué. Ce qui frappe chez Moudjitaba Barry, c’est sa proximité. Il ne dirige pas à distance. Il écoute. Il dialogue. Il accueille les critiques sans crispation et les suggestions sans méfiance. Toujours ouvert à tous et fermé à personne, il consulte tout le monde et écoute chacun avant d’agir.
Dans un contexte où l’autorité se confond trop souvent avec la fermeture, il pratique l’ouverture. Là où certains redoutent la contradiction, il y voit une richesse. Il a su créer, autour du stade, une véritable communauté morale, professionnelle et citoyenne, fondée sur la confiance et le travail acharné.
Parallèlement à ses fonctions, il assume aujourd’hui la vice-présidence de la Fédération Guinéenne de Football Scolaire. Là encore, le fil conducteur demeure le même : former, encadrer, transmettre. Car pour lui, le sport n’est pas seulement une compétition. C’est une école de discipline, de respect et de citoyenneté. Investir dans la jeunesse, c’est investir dans la stabilité future de la nation.
Depuis des années, le stade fonctionne sans Directeur Général. Dans ce vide institutionnel, Moudjitaba Barry assume, de fait, des responsabilités élargies. Il gère, arbitre, anticipe, décide. Souvent sans les leviers juridiques complets qu’exigerait l’ampleur de sa mission, mais ne s’en est jamais plaint.
Cette situation pose une question essentielle : peut-on durablement exiger l’excellence sans offrir les moyens structurels correspondants ? Je pense sincèrement que non. Je pense, en conséquence, qu’il est temps, au vu de son dévouement, de sô leadership et de ses résultats, de lui confier la Direction Générale de ce stade. Je parle par expérience de quelqu’un que ne déçois jamais quant à l’accomplissement des missions au service de la nation.
Il est temps que les autorités tirent toutes les conséquences de cette réussite. Il est temps de reconnaître, formellement et pleinement, la valeur de ce leadership jeune et responsable.
Accorder à Moudjitaba Barry de véritables marges de manœuvre, renforcer son cadre d’action, stabiliser la gouvernance du stade, ce n’est pas un privilège personnel à lui accorder. C’est un investissement stratégique pour le sport guinéen.
C’est faire le choix de la compétence contre l’improvisation. De la continuité contre l’errance. De la méritocratie contre le hasard.
À l’heure où la Guinée cherche ses repères, ses modèles, ses références morales, le parcours de Moudjitaba Barry rappelle une évidence : le patriotisme n’est pas un discours, c’est une discipline quotidienne.
Servir sans bruit. Diriger sans arrogance. Réformer sans brutalité. Inspirer sans manipuler. Voilà ce qu’il incarne.
Et voilà pourquoi il mérite, aujourd’hui plus que jamais, la confiance pleine et entière de la République dans ce temple du sport roi. Car une nation progresse quand elle sait reconnaître ses artisans — surtout lorsqu’ils œuvrent, humblement, à la hauteur de l’histoire.
Par Bassamba Amine
