En conférence de presse tenue, mercredi 24 décembre 2025, Alhoussein Makanera Kaké, membre du Directoire national de campagne de la Génération pour la Modernité et le Développement (GMD), a longuement défendu le bilan et le projet de société du candidat Mamadi Doumbouya.
En mettant l’accent sur le projet minier de Simandou, qu’il présente comme l’axe structurant de la vision économique portée par le président de la transition, Makanera Kaké a rappelé l’ampleur stratégique du gisement.
« Simandou, c’est 4 milliards de tonnes de minéraux de fer », a-t-il insisté, avant de critiquer les comparaisons récurrentes entre Simandou et la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG), qu’il juge ’’dépourvues de rigueur’’.
Selon lui, une lecture approfondie du montage financier de la CBG montre que l’État guinéen y a été historiquement un acteur majeur.
« Si nous prenons l’investissement total, la Guinée seule a financé 65 % contre 35 % pour nos partenaires étrangers », a-t-il déclaré, précisant que le pays avait également contribué à hauteur de 43 % des investissements industriels.
Pour Makanera Kaké, ces chiffres relativisent l’argument selon lequel la participation de 49 % de l’État guinéen à la CBG serait plus avantageuse que les 15 % détenus dans Simandou.
À propos de Simandou, il soutient au contraire que cette participation constitue un avantage majeur pour la Guinée.
« Les 15 % là, c’est un cadeau. (…) De l’autre côté, on n’a rien payé, on a 15 % », a-t-il affirmé, en soulignant que, dans le cas de la CBG, l’État a été le principal investisseur tout en restant minoritaire au capital.
Makanera Kaké a également critiqué le régime économique appliqué aux infrastructures minières existantes, notamment le chemin de fer. Il a dénoncé le faible niveau des droits d’accès perçus par l’État, affirmant que « le standard, la moindre, c’est 4 dollars par tonne », alors que, selon lui, la CBG ne paie pratiquement rien pour l’utilisation des rails.
« Si on pratique le tarif réel, la Guinée devrait avoir 80 millions de dollars (…) alors qu’avec le tarif actuel, on est à moins de 20 millions », a-t-il soutenu.
Revenant sur les critiques portant sur la capacité de la Guinée à tirer profit de sa participation minoritaire dans Simandou, il a illustré son propos par une formule imagée.
« Je préfère un dixième d’un éléphant que 100 % d’une fourmi », a-t-il lancé, rappelant que l’investissement global de Simandou est estimé entre 20 et 25 milliards de dollars, contre environ un milliard pour la CBG, même après réactualisation.
L’ancien ministre a également insisté sur le fait que les 15 % souvent évoqués ne représentent que la part des dividendes.
« Il n’y a pas que 15 % qu’on reçoit. (…) 15 %, c’est le dividende », a-t-il expliqué, évoquant les autres sources de revenus pour l’État, notamment les taxes, les redevances minières et l’impôt sur les sociétés.
A titre d’exemple, il a indiqué que sur un bénéfice d’un milliard de dollars, « l’impôt sur les sociétés, c’est 30 % », soit « 300 millions de dollars d’abord déposés au Trésor public », avant même le partage des dividendes.
L’ancien ministre de la Communication a par ailleurs mis en avant la propriété future des infrastructures stratégiques.
« La cité, le chemin de fer, le port, nous appartiennent déjà à travers la CTG (…) et au bout de 30 ans, le chemin de fer nous revient », a-t-il affirmé, soulignant que ces actifs ont été obtenus sans financement direct de l’État.
Répondant à ceux qui estiment que l’exploitation minière ne favorise pas le développement, il a relativisé le rôle des ressources naturelles.
« Ce ne sont pas les mines qui développent un pays. C’est le cerveau qui développe », a-t-il déclaré, liant cette conviction au soutien de la GMD au candidat Mamadi Doumbouya.
Selon lui, le projet de société défendu s’inscrit dans une lecture historique de la gouvernance guinéenne, marquée par des avancées et des insuffisances, que les autorités actuelles entendent corriger à travers des réformes structurelles.
Alphadjo Diallo






