L’Assemblée nationale du Sénégal a adopté, mardi 17 février 2026, le projet de loi n°20/2025 autorisant la ratification de l’accord de coopération militaire et technique entre le Sénégal et la Guinée.
Le texte, signé le 19 juin 2021 à Accra, avait été soumis aux députés par le ministre de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, Cheikh Niang.
Examiné en commission avant son passage en séance plénière, le projet a été approuvé à la majorité.
Un contexte sécuritaire sous-régional tendu
Devant les parlementaires, le ministre a mis en avant un environnement régional marqué par la progression du terrorisme, la criminalité transfrontalière et l’instabilité dans certaines zones frontalières.
L’accord vise à renforcer la formation des forces armées, la coopération en matière de lutte antiterroriste, la répression des trafics illicites et la sécurisation conjointe des frontières communes, longues de plus de 350 kilomètres. Il prévoit également un partage accru de renseignements, un appui au développement d’infrastructures spécialisées et l’organisation de patrouilles mixtes, notamment au poste frontalier de Boundou Fourdou.
Héritage des tensions de 2020
Ce cadre de coopération intervient dans le prolongement des tensions survenues en septembre 2020, lorsque le régime de Alpha Condé avait décidé de fermer unilatéralement les frontières guinéennes avant l’élection présidentielle, invoquant des raisons sécuritaires. Cette mesure avait affecté les échanges économiques entre les deux pays.
Si la Guinée a ratifié l’accord dès juillet 2021, son entrée en vigueur effective reste conditionnée à l’échange des notifications attestant de l’achèvement des procédures internes dans chacun des États.
Lors d’une visite du ministre sénégalais des Forces armées à Conakry en 2025, les deux parties ont convenu de la mise en place d’une commission mixte chargée d’opérationnaliser les dispositions prévues.
Modalités d’application
Conclu pour une durée de cinq ans, renouvelable par tacite reconduction, l’accord entrera en vigueur après l’échange formel des instruments de ratification.
Au cours des débats, certains députés ont interrogé une clause prévoyant l’extension éventuelle des domaines de coopération. Le ministre a estimé qu’il s’agissait d’une disposition courante dans ce type de partenariat.
À travers ce dispositif, Dakar et Conakry entendent consolider leur coopération sécuritaire bilatérale, dans un contexte régional jugé particulièrement sensible.
Alphadjo Diallo






