Le transfèrement d’Aboubacar Sidiki Diakité, alias « Toumba », de la Maison centrale de Conakry vers la prison civile de Coyah suscite une vive contestation de la part de ses avocats.
Dans un communiqué publié ce mardi 10 février 2026, le collectif de défense dénonce une procédure qu’il juge irrégulière et réclame le retour immédiat de leur client à Conakry.
Selon eux, le transfèrement serait intervenu sans ordre d’extraction « signé et identifiable », en violation des règles encadrant l’exécution des décisions judiciaires.
L’opération a été confirmée par le parquet général près la Cour d’Appel de Conakry, dans un contexte marqué par des tensions autour de la Maison centrale.
Ancien aide de camp du capitaine Moussa Dadis Camara, Toumba Diakité a été condamné en 2024 à cinq ans de prison pour son rôle dans les événements du 28 septembre 2009, qui avaient fait au moins 157 morts selon Amnesty International. Il était jusque-là détenu à la Maison centrale de Conakry.
Une procédure remise en cause
Dans leur communiqué, les conseils de Toumba Diakité estiment que le transfèrement vers un autre établissement pénitentiaire ne pouvait intervenir qu’à l’issue d’une décision judiciaire. Ils se fondent notamment sur les articles 1019, 1020 et 1113 du Code de procédure pénale, qui prévoient que tout incident relatif à l’exécution d’un jugement relève de la compétence des juridictions.
Les avocats accusent l’Administration pénitentiaire d’avoir outrepassé ses prérogatives, en prenant une décision qui, selon eux, relève exclusivement du pouvoir judiciaire.
Ils évoquent une atteinte aux droits de la défense et au droit à un recours effectif.
Zones d’ombre autour du transfèrement
Le collectif de défense affirme que l’information sur le transfèrement a d’abord circulé sur les réseaux sociaux.
Dans la matinée du 10 février, un avocat aurait été empêché d’accéder à son client à la Maison centrale, avant de se rendre au parquet général.
Selon le communiqué, le procureur général aurait indiqué avoir lui-même appris la nouvelle par les réseaux sociaux.
Après un premier entretien jugé « apaisé » avec Toumba Diakité, le transfèrement vers Coyah aurait néanmoins été maintenu. Les avocats affirment que le procureur général n’a pas communiqué l’identité de l’autorité ayant signé l’ordre d’extraction.
Située à une trentaine de kilomètres de Conakry, la prison civile de Coyah est régulièrement citée par des organisations de défense des droits humains pour ses conditions de détention difficiles et sa surpopulation.
La défense exige un retour à Conakry
Face à ce qu’ils qualifient de « mesure arbitraire », les avocats de Toumba Diakité demandent la cessation immédiate du transfèrement et le retour de leur client à la Maison centrale de Conakry, estimant qu’aucun titre légal ne justifie sa détention à Coyah.
Au moment de la publication de cet article, aucune réaction officielle de l’Administration pénitentiaire ni du parquet général n’avait été rendue publique.
Cette affaire relance le débat sur le respect des procédures judiciaires et l’État de droit en Guinée.
Alphadjo Diallo






