Le ministre de l’Énergie, Namory Camara, a affirmé récemment dans l’émission “L’heure du bilan” à la télévision guinéenne que la Guinée fait face à un déséquilibre structurel dans son secteur électrique, caractérisé par un coût d’achat élevé de l’énergie et une revente à perte aux consommateurs.
Selon le ministre, une partie de la fourniture d’électricité du pays est actuellement assurée par le navire turc Karpowership, une solution utilisée également par d’autres États africains, notamment le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Gabon, précisant que ce dispositif ne constitue pas une spécificité guinéenne, ni une option pérenne.

« Le bateau permet de sécuriser la fourniture d’énergie alors que la demande ne cesse d’augmenter, mais ce n’est pas une solution à long terme », a-t-il déclaré.
Namory Camara a rappelé que le retrait temporaire du navire avait entraîné un black-out, illustrant la dépendance actuelle du pays à cette source de production.
Dans ce contexte, le gouvernement projette la construction d’une centrale thermique au sol, qui serait un actif de l’État et disposerait d’une capacité quatre fois supérieure à celle du Karpowership. L’objectif affiché est de renforcer durablement la capacité nationale de production.
Le ministre a toutefois souligné que le débat ne devait pas se limiter à la présence du navire, mais porter sur la structure économique du secteur.
« Aujourd’hui, nous achetons l’énergie quatre fois plus chère et nous la revendons à perte », a-t-il indiqué, ajoutant que la Guinée pratique des tarifs inférieurs à ceux de plusieurs pays africains malgré une consommation élevée.
Face à cette situation, des réformes sont en cours pour améliorer la gouvernance du secteur, notamment à travers l’installation de compteurs, y compris des compteurs prépayés. Le ministre a également précisé qu’Électricité de Guinée (EDG) participe au paiement des factures liées à l’énergie fournie par le navire.
Enfin, Namory Camara a insisté sur la nécessité d’une transition progressive. Il a averti qu’un retrait immédiat de capacités importantes de production, estimées à 150 MW, pourrait provoquer de nouvelles perturbations. Il a également rappelé que la construction de barrages hydroélectriques nécessite des investissements élevés, ce qui conduit le pays à recourir, à court terme, à l’achat d’énergie.
Alphadjo Diallo






