Conakry – Le consortium Citoyens pour la Paix et la Justice (CPJ-Guinée) et Appui à la Promotion du Développement Intégré (APRODI) a lancé, mercredi 7 janvier 2026, un atelier de formation dédié à la prévention, à la gestion et à la résolution pacifique des conflits électoraux.
La session a réuni des leaders religieux, des chefs traditionnels, des autorités locales, des femmes et des jeunes, dans un contexte marqué par la poursuite du cycle électoral en Guinée.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet “Suivi, Analyse et Atténuation de la Violence Électorale (E-MAM 2023–2026)”, mis en œuvre par le Réseau Ouest Africain pour l’Édification de la Paix (WANEP-Guinée) avec l’appui financier de l’Union européenne.
L’objectif général est de contribuer à un processus électoral apaisé à travers le renforcement des capacités des acteurs communautaires, appelés à jouer un rôle clé dans la prévention et la désescalade des tensions.
Au total, 120 participants issus de Conakry, Kindia, Mamou et Labé, soit 30 par localité, sont concernés par cette formation.
Les résultats attendus portent notamment sur une meilleure appropriation des mécanismes de veille citoyenne, d’alerte précoce et de médiation, ainsi que sur la mise en place de synergies régionales multi-acteurs à l’issue des travaux.
Un rapport final, accompagné de rapports d’étape, devra être transmis à WANEP-Guinée.
S’exprimant au nom du consortium, Alpha Diallo, responsable de projet à l’ONG CPJ, a souligné l’importance stratégique de cette initiative.
« La Guinée a franchi une étape importante avec la tenue de l’élection présidentielle du 28 décembre dernier. Toutefois, d’autres échéances majeures restent à venir, notamment les élections législatives et communales. Ces périodes exigent une vigilance accrue afin de préserver la cohésion sociale », a-t-il déclaré, appelant les participants à jouer pleinement leur rôle de relais de paix au sein de leurs communautés.
Durant deux jours, les participants ont été formés sur l’analyse des risques électoraux, les techniques de médiation et de résolution pacifique des conflits, ainsi que sur la promotion d’actions concertées au niveau local, en amont comme en aval des scrutins.
Une réponse aux signaux d’alerte
A l’issue de la formation, Mme Bintou Kouyaté, présidente de l’ONG APRODI, est revenue sur la genèse et les enjeux de cette initiative.
Selon elle, l’atelier répond à un contexte électoral sensible identifié en amont par les mécanismes d’alerte de WANEP.
« Cette activité a été conçue à partir des alertes remontées par les moniteurs de WANEP, analysées au niveau national puis soumises au comité de réponse et d’atténuation des violences électorales. L’objectif est de prévenir les crises avant qu’elles ne se manifestent », a-t-elle expliqué.
Les échanges ont permis d’aborder plusieurs thématiques, notamment une rétrospective des crises électorales en Guinée, les différents types de conflits électoraux, les acteurs impliqués, ainsi que les outils de prévention, de gestion et de médiation. Une attention particulière a été accordée à la création d’un cadre de concertation multi-acteurs, réunissant leaders religieux, chefs coutumiers, organisations de la société civile, femmes, jeunes, autorités locales et journalistes.
Des engagements concrets attendus
Au terme de l’atelier, les participants ont mis en place une synergie locale consensuelle, assortie d’un plan d’action sur quatre mois.
Une coordination de trois membres a été désignée pour assurer l’animation et le suivi des activités prévues à cet effet.
Saisissant cette occasion, la première responsable d’APRODI a lancé un appel à la responsabilité collective.
« Nous attendons des actions concrètes et rapides. Trop souvent, les recommandations issues des ateliers restent lettre morte. La paix est une condition indispensable au développement. Nous avons connu des épisodes douloureux dans notre histoire récente, et nous ne voulons plus y retourner », a-t-elle insisté.
A travers cette initiative, le consortium CPJ-Guinée/APRODI et ses partenaires entendent contribuer durablement à la consolidation de la paix et à la préservation du vivre-ensemble, dans un contexte électoral où la mobilisation citoyenne demeure un enjeu central.
Alphadjo Diallo






