En quête de solutions durables face à la crise récurrente de l’assainissement à Conakry, les autorités guinéennes intensifient leurs démarches à l’international.
En marge du Forum économique mondial d’été, le Premier ministre, Amadou Oury Bah, a visité une infrastructure de référence en Chine spécialisée dans la valorisation énergétique des déchets, illustrant une orientation vers des modèles industriels modernes.
Situé à Shanghai, le centre de traitement des déchets de SIIC Baojingang Hills transforme quotidiennement plusieurs milliers de tonnes d’ordures ménagères en énergie électrique.
Cette approche, basée sur l’incinération contrôlée et la récupération énergétique, constitue une alternative aux décharges à ciel ouvert, encore largement utilisées dans la capitale guinéenne.
À l’issue de cette visite, le chef du gouvernement a réaffirmé l’urgence de réformer en profondeur le système de gestion des déchets à Conakry. La capitale fait face à une accumulation chronique d’ordures, exacerbée par l’insuffisance des infrastructures de collecte, l’absence de tri systématique et la saturation des sites de stockage.
Parmi les pistes envisagées, il y a la fermeture progressive de la décharge de Dar-es-Salam, principal site d’enfouissement des déchets de la ville, régulièrement pointé du doigt pour ses impacts environnementaux et sanitaires.
Le gouvernement projette sa reconversion en espace urbain aménagé, dans une logique de requalification environnementale et d’amélioration du cadre de vie.
En parallèle, les autorités misent sur la mise en place d’un système intégré incluant la collecte structurée, le tri des déchets à la source et leur transformation industrielle.
Des discussions sont en cours avec des partenaires techniques et financiers, notamment asiatiques, afin d’implanter des unités de valorisation adaptées au contexte local.
Cette dynamique s’inscrit dans une stratégie plus large visant à moderniser le secteur de l’assainissement en Guinée.
Au-delà de Conakry, les enjeux concernent également les grandes agglomérations de l’intérieur du pays, confrontées à des problématiques similaires, bien que moins médiatisées.
Le recours à l’expertise étrangère, en particulier chinoise, apparaît comme un levier clé pour accélérer cette transition. Les autorités guinéennes espèrent ainsi bénéficier de transferts de technologie et de modèles opérationnels éprouvés pour structurer une filière nationale de gestion des déchets.
Si ces annonces traduisent une volonté politique affirmée, leur concrétisation dépendra de la mobilisation des financements, de la capacité institutionnelle à piloter ces projets et de l’adhésion des populations aux nouvelles pratiques de gestion des déchets.
Dans une ville où l’insalubrité reste un défi quotidien, la transformation du système d’assainissement constitue désormais un enjeu central de santé publique et de développement urbain.
Alphadjo Diallo






