La Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) ne disposera finalement pas de la contre-expertise sollicitée dans le dossier de Mamadi Camara, ancien ministre de l’Économie et des Finances.
En cause, le cabinet Grant Thornton, désigné pour réaliser cet exercice, s’est retiré de la procédure.
L’annonce a été faite lors de l’audience tenue ce lundi 9 février 2025 par l’un des substituts du procureur spécial, Ousmane Sanoh.
Selon le ministère public, le cabinet d’expertise invoque un défaut de paiement de ses honoraires pour justifier son désistement.
Face à cette situation, le parquet spécial a, dans un premier temps, demandé à la Cour de déterminer la partie devant supporter les frais liés à la contre-expertise.
Cette requête a été vivement contestée par la défense de Mamadi Camara, qui y voit une tentative de prolongation de la procédure.
Poursuivi devant la CRIEF pour des faits présumés de détournement de deniers publics, corruption, blanchiment de capitaux et enrichissement illicite, Mamadi Camara attendait, selon ses avocats, cette contre-expertise depuis plus d’un an.
Pour la défense, l’impossibilité matérielle de produire le rapport doit conduire la Cour à poursuivre les débats sans tenir compte de cette étape.
Prenant acte de l’opposition de la défense, le ministère public a ensuite formulé une nouvelle requête. Il a sollicité que l’Inspection générale d’État (IGE) soit invitée à produire un rapport définitif, en intégrant les observations formulées par la personne poursuivie, estimant que l’écart entre le rapport provisoire et le rapport final restait surmontable.
Cette demande a également été rejetée par la défense, qui continue de contester la valeur du rapport de l’IGE.
Les avocats de l’ancien ministre estiment que le document n’a pas respecté le principe du contradictoire et mettent en cause l’indépendance de l’organe de contrôle, qu’ils considèrent comme une structure étatique.
Après avoir entendu les différentes parties, le juge Yagouba Conté a constaté l’absence de production du rapport de contre-expertise par le cabinet Grant Thornton et a décidé de passer outre cette mesure. La Cour a en conséquence ordonné la poursuite des débats.
L’affaire a été renvoyée au 18 février 2025 pour la comparution de la partie civile.
Fodé Soumah






