La Guinée figure parmi les pays où la corruption dans le secteur public est perçue comme élevée, selon l’Indice de perception de la corruption (IPC) 2025 publié le 10 février 2026 par Transparency International.
Avec un score de 26 points sur 100, le pays enregistre une baisse de deux points par rapport à l’année précédente et se classe au 142e rang sur 182 États évalués. Ce résultat traduit une perception persistante d’une corruption endémique au sein de l’administration publique, malgré des initiatives ponctuelles annoncées ces dernières années.
En 2024, la Guinée avait obtenu 28 points et occupait une position autour de la 133e place, selon les données disponibles.
Une région en difficulté
A l’échelle régionale, l’Afrique subsaharienne demeure la zone la moins bien notée au monde, avec une moyenne de 32 points sur 100. Seuls quatre pays sur 49 dépassent la barre des 50 points.
Les Seychelles (68 points), le Cap-Vert (62), le Botswana et le Rwanda (58 chacun) figurent parmi les pays les mieux classés du continent.
A l’inverse, le Soudan, l’Érythrée, la Somalie et le Soudan du Sud ferment la marche, avec des scores inférieurs à 15 points. Depuis 2012, dix pays de la région ont vu leur note se détériorer de manière significative, contre sept seulement qui ont enregistré des progrès, illustrant les limites des politiques anti-corruption mises en œuvre.
Impacts sur la gouvernance et l’économie
En Guinée, la corruption affecte l’accès aux services sociaux de base, notamment l’éducation, la santé et les infrastructures, selon plusieurs observateurs. Elle se traduirait par des détournements de fonds publics estimés à plus de 500 milliards de francs guinéens par an, dans un contexte marqué par la faiblesse des mécanismes de contrôle et une impunité régulièrement dénoncée.
Ce phénomène constitue également un frein à l’investissement et à la croissance économique. Le Fonds monétaire international (FMI) projette une croissance régionale modérée de 4,1 % en 2025, un rythme jugé insuffisant pour répondre aux besoins structurels de développement.
Les recommandations de Transparency International
Transparency International souligne un déficit d’intégrité politique et la persistance de pratiques opaques dans la gestion des finances publiques. L’organisation appelle au renforcement de la transparence, à l’indépendance effective du système judiciaire et à la consolidation des institutions de contrôle.
Au niveau mondial, plus des deux tiers des pays évalués obtiennent un score inférieur à 50 points, ce qui, selon l’ONG, témoigne d’un défi global durable en matière de gouvernance et de lutte contre la corruption.
Alhassane Baldé






