La Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a rendu une décision procédurale majeure ce lundi 2 février 2026. Le juge Yagouba Conté a officiellement ordonné la réouverture des débats dans le procès opposant l’État guinéen à l’ancien ministre des Postes et Télécommunications, Oyé Guilavogui.
Cette décision marque le début d’une phase d’investigations approfondies visant à cartographier précisément le patrimoine du prévenu.
Vers un inventaire exhaustif des avoirs
La Cour a activé plusieurs leviers administratifs et financiers pour consolider le dossier d’instruction :
Volet foncier : Les conservateurs fonciers de Conakry et Kindia, ainsi que les directions du Cadastre, sont sommés d’identifier formellement tous les biens immobiliers attribués à l’ancien ministre.
Volet bancaire : La Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) est chargée de collecter l’historique complet des comptes ouverts par le prévenu au sein de l’ensemble des banques primaires du pays.
Les institutions concernées disposent d’un délai courant jusqu’au 20 février 2026 pour transmettre ces éléments.
Dans l’intervalle, la CRIEF a choisi de différer l’intervention de l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (AGRASC), privilégiant la finalisation de l’inventaire avant toute mesure de gestion.
Auditions et clarifications techniques
Le tribunal souhaite également apporter une expertise technique sur la gestion des fonds publics alloués au secteur des télécommunications.
A ce titre, Moussa Keita, ancien directeur de la Sotelgui, a été convoqué. Parallèlement, la société Huawei Guinée doit produire les pièces contractuelles relatives au projet « Backbone » (un réseau de 4 500 km de fibre optique) et au plan de relance de l’opérateur national.
Synthèse des charges et enjeux financiers
Les poursuites engagées contre Oyé Guilavogui portent sur des soupçons de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux.
Le dossier de l’accusation repose sur des griefs financiers massifs : 300 millions de dollars US liés au projet Backbone, 50 millions de dollars US destinés à la Sotelgui, ainsi que plus de 120 milliards de francs guinéens issus des budgets nationaux 2020-2021 et de programmes de reboisement.
L’audience a été renvoyée au 23 février 2026, date à laquelle les débats reprendront sur la base des nouveaux rapports d’enquête.
Mariam Sylla






