Des agents des bureaux de vote ont manifesté, lundi matin, devant le Centre administratif de centralisation des votes (CACV) de Matoto, à Conakry, pour réclamer le paiement de leurs primes au lendemain du scrutin présidentiel du 28 décembre 2025.
Le mouvement de protestation intervient alors que se poursuit la délicate phase de centralisation des procès-verbaux issus des bureaux de vote à travers le pays.
Manifestation devant le CACV de Matoto
A partir de 10 heures, plusieurs agents des bureaux de vote se sont rassemblés devant la cour de l’état civil de Matoto, où est installé le CACV, en scandant notamment ’’A bas Matoto ! On veut notre argent’’
Ces manifestants affirment avoir assuré, la veille, le déroulement du vote et du dépouillement et dénoncent le non-paiement de leurs primes à l’issue du scrutin.
Selon leur témoignage, la tension est montée lorsque les forces de l’ordre chargées de la sécurisation du site les ont sommés de quitter les abords du centre.
Sur instruction d’un responsable, les agents contestataires ont été repoussés et invités à ne revenir qu’à partir de midi.
Tensions et renforcement du dispositif de sécurité
Peu après 10 heures, le dispositif sécuritaire a été renforcé aux alentours du CACV afin d’éviter tout débordement.
Des consignes fermes ont été données aux services de sécurité pour contrôler strictement l’accès au site, déjà placé sous haute surveillance dans le contexte électoral.
Désormais, aucun tiers n’est autorisé à pénétrer dans l’enceinte du centre et même les présidents et membres de bureaux de vote venus déposer leurs procès-verbaux sont soumis à un contrôle rigoureux avant d’y accéder.
A midi, les agents sont revenus devant le CACV pour reprendre leurs slogans et maintenir la pression autour de leur revendication de paiement.
Le contexte : primes et centralisation des résultats
La Direction générale des élections (DGE) avait précisé, dans un communiqué publié avant le scrutin, que les primes allouées aux membres des bureaux de vote (prime de formation et prime du jour du scrutin) seraient payées via le Crédit Rural, sur présentation d’une pièce d’identité, à partir du 29 décembre 2025.
Les montants annoncés sont de 500 000 GNF pour les présidents de bureau de vote, 400 000 GNF pour les vice-présidents et secrétaires, et 300 000 GNF pour les assesseurs.
Au total, 6 768 458 électeurs étaient appelés aux urnes ce dimanche 28 décembre, dans 16 722 centres et 23 662 bureaux de vote répartis sur l’ensemble du territoire et à l’étranger.
Après un vote globalement calme, la centralisation des procès-verbaux s’est enclenchée dans la nuit dans plusieurs communes, dont Matoto, l’une des plus grandes circonscriptions électorales du pays.
Silence des autorités et regard des observateurs
Sur place, les autorités présentes n’ont pour l’heure pas souhaité répondre aux sollicitations de la presse au sujet de ces protestations liées aux primes.
Aucune communication officielle n’avait encore été rendue publique en milieu de journée sur d’éventuels retards ou difficultés dans le dispositif de paiement annoncé par la DGE.
Le mouvement de Matoto survient alors que la présidentielle est observée par plusieurs missions internationales, dont celles de l’Union africaine et de la CEDEAO, ainsi que par des organisations nationales de la société civile.
Ces missions suivent notamment le déroulement des opérations post-électorales et la phase de centralisation des résultats, considérées comme sensibles pour la crédibilité du processus.
Dans l’attente des premières tendances officielles, les revendications des agents des bureaux de vote rappellent que la réussite technique d’un scrutin repose aussi sur le traitement des personnels engagés au plus près des électeurs, au cœur de la machinerie électorale.
Alphadjo Diallo






