CPI- Le procureur adjoint de la Cour pénale internationale, Mame Mandiaye Niang, a conclu le 24 avril 2026 une mission de trois jours à Conakry, au cours de laquelle il a insisté sur la nécessité d’achever dans des délais raisonnables le procès relatif aux événements du 28 septembre 2008.
Cette visite intervient dans un contexte marqué par la phase d’appel du procès, ouverte après le verdict rendu le 31 juillet 2024.
A cette date, huit des douze accusés avaient été reconnus coupables de crimes contre l’humanité et condamnés à des peines allant de dix ans d’emprisonnement à la réclusion criminelle à perpétuité.
Les faits remontent au 28 septembre 2008, lorsqu’une manifestation organisée au stade de Conakry contre une éventuelle candidature de Moussa Dadis Camara avait été violemment réprimée.
Selon les chiffres généralement admis, au moins 157 personnes avaient été tuées, des centaines de femmes victimes de violences sexuelles et près de 1 500 personnes blessées.
Alors que la procédure judiciaire se poursuit, plusieurs éléments récents suscitent des inquiétudes quant à son aboutissement.
Parmi eux, la disparition de figures clés du dossier, notamment Claude Pivi, décédé en janvier 2026, et Aboubacar Sidiki Diakité, mort en mars de la même année.
Par ailleurs, Moussa Dadis Camara a bénéficié d’une grâce présidentielle accordée par Mamadi Doumbouya, une décision qui a relancé le débat autour de la lutte contre l’impunité.
Dans ce contexte, le procureur adjoint de la CPI a souligné l’urgence de mener le processus judiciaire à son terme. Il a notamment évoqué la situation des victimes, dont certaines sont malades ou décèdent, rendant d’autant plus pressant le besoin d’un jugement définitif.
Tout en rappelant que la Guinée n’est pas sous enquête formelle de la CPI dans ce dossier, Mame Mandiaye Niang a insisté sur l’importance d’une coopération active entre les autorités nationales et l’institution internationale.
Selon lui, cette collaboration doit rester « vigilante » afin d’éviter que l’âge des accusés, la disparition progressive des protagonistes ou la fragilité des survivants ne compromettent l’issue de la procédure.
L’évolution du procès, considéré comme un test majeur pour la justice guinéenne dans le traitement des crimes de masse, reste ainsi suivie de près par les partenaires internationaux et les organisations de défense des droits humains.
Fodé Soumah






