Le Collectif des Personnes en Situation de Handicap Diplômées a animé, jeudi 12 février 2026, à Conakry, une conférence de presse placée sous le thème : ’’Handicapés diplômés oubliés : nous voulons servir’’.
A travers cette initiative, ses membres ont interpellé les autorités sur leur insertion professionnelle, dénonçant une exclusion persistante malgré l’existence de textes juridiques en leur faveur.
Entouré de plusieurs membres du collectif, son président, Géant Vévé Koïvogui, a exprimé un appel qu’il qualifie de « cri de cœur » en faveur d’un recrutement des diplômés handicapés au sein de la fonction publique.
Selon lui, de nombreux jeunes concernés, titulaires de diplômes universitaires et professionnels, peinent à accéder à l’emploi public.
Une demande d’équité
Dans son intervention, le président du collectif a évoqué ce qu’il considère comme un traitement contrasté réservé aux personnes en situation de handicap.
« Nous sommes prioritaires dans les files d’attente ou dans les hôpitaux, mais relégués lorsqu’il s’agit de recrutement », a-t-il déclaré.
Géant Vévé Koïvogui a rappelé que des concours par dérogation avaient été organisés en 2000, 2005, 2008 et 2019 en faveur des personnes handicapées.
Le collectif dit également avoir nourri des espoirs lors du recrutement général de 2024, notamment après un communiqué du ministère de la Promotion féminine invitant à l’identification des candidats en situation de handicap. Des attentes qui, selon ses membres, ne se sont pas concrétisées.
Des engagements juridiques invoqués
Pour appuyer leur démarche, les responsables du collectif se réfèrent à plusieurs instruments juridiques nationaux et internationaux.
Ils citent notamment la Convention 159 de l’Organisation internationale du travail (OIT), la Convention relative aux droits des personnes handicapées ratifiée par la Guinée en 2008, dont l’article 27 traite du droit au travail ainsi que l’article 27 de la Constitution guinéenne.
Ils évoquent également la loi 2025-020-CNT, adoptée le 20 août 2025 par le Conseil national de la Transition (CNT) et promulguée le 25 septembre de la même année, qui encadre la promotion et la protection des droits des personnes en situation de handicap.
Par ailleurs, le collectif rappelle qu’à l’occasion de la Journée internationale des personnes handicapées en décembre 2024, la ministre en charge de la Promotion féminine avait annoncé un recrutement au premier trimestre 2025.
Selon ses responsables, cette annonce n’a pas été suivie d’effet, malgré onze rencontres tenues avec la Fédération guinéenne des associations de personnes handicapées (FEGUIFAH).
Un appel aux plus hautes autorités
A l’issue de la conférence, le collectif a officiellement interpellé le président de la République, Mamadi Doumbouya, le Premier ministre Amadou Oury Bah, la ministre de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables, Patricia Adeline Lamah, ainsi que le ministre du Travail et de la Fonction publique.
Les membres du collectif plaident pour l’organisation d’un recrutement par dérogation en faveur des diplômés en situation de handicap, estimant qu’il s’agirait d’un acte de justice sociale et d’inclusion.
« Notre cri de cœur, c’est l’emploi à la fonction publique », a conclu Géant Vévé Koïvogui, affirmant faire confiance à la volonté des autorités d’améliorer les conditions de vie des personnes handicapées en Guinée.
A travers cette démarche, ces diplômés disent vouloir contribuer activement au développement du pays, convaincus que le handicap ne saurait être un obstacle à la compétence ni à l’engagement citoyen.
Alphadjo Diallo






