L’artiste chanteuse Hadiatou Bah, connue sous le nom de scène Hadya, a comparu, ce mercredi 20 mai 2026, devant le tribunal correctionnel de Dixinn à la suite de propos controversés tenus lors d’une interview diffusée sur les réseaux sociaux.
À la barre, la prévenue a reconnu des déclarations inappropriées et a présenté ses excuses, tout en rejetant toute implication dans des faits de proxénétisme.
Au cours de l’audience, l’artiste a expliqué que ses propos s’inscrivaient dans une démarche visant à attirer l’attention du public.
« Je regrette mes déclarations. Mon objectif était de me faire connaître, mais je reconnais que j’ai tenu des propos déplacés », a-t-elle affirmé, ajoutant n’avoir jamais participé à des activités illicites. Pour elle, certaines affirmations relevaient d’une exagération destinée à susciter l’intérêt.
Des accusations multiples
Hadiatou Bah est poursuivie pour « outrage public à la pudeur, incitation à la débauche, proxénétisme et complicité ».
Des charges qu’elle réfute en bloc, soutenant qu’aucun fait concret ne permet d’étayer ces accusations. Elle insiste sur le caractère verbal et non factuel de ses déclarations, qualifiées de « dérapage » devant le tribunal.
L’interview à l’origine de la procédure judiciaire avait été réalisée dans un espace de loisirs à Kipé, en banlieue de Conakry, par deux créateurs de contenu actifs sur les plateformes numériques.
Ces derniers ont également été entendus dans le cadre de la même affaire. Ils affirment que la diffusion de la vidéo visait davantage à susciter un débat de société qu’à promouvoir des pratiques répréhensibles.
Une défense axée sur la liberté d’expression
Les avocats des prévenus ont plaidé en faveur d’une lecture contextualisée des faits. Selon la défense, les propos incriminés doivent être replacés dans un cadre de production médiatique, relevant en partie de la liberté d’expression. Elle estime également que la procédure judiciaire engagée repose sur une interprétation excessive du contenu diffusé.
Une demande de mise en liberté provisoire a été introduite par les conseils de la défense, mettant en avant les garanties de représentation des prévenus. Toutefois, le tribunal a rejeté cette requête, ordonnant leur maintien en détention jusqu’à la prochaine audience.
Renvoi du dossier
Le tribunal a décidé de renvoyer l’examen du dossier à une date ultérieure, afin de permettre la poursuite des débats et l’examen approfondi des éléments à charge et à décharge.
Cette décision suscite des réactions contrastées, notamment du côté de la défense, qui considère la durée de la détention provisoire disproportionnée au regard des faits reprochés.
L’affaire relance le débat sur les limites de la liberté d’expression dans les contenus diffusés en ligne, ainsi que sur la responsabilité des acteurs culturels et médiatiques dans le traitement de sujets sensibles.
En attendant la reprise des audiences, les prévenus restent placés sous mandat de dépôt.
Mariam Sylla






