Dans son rapport annuel publié en avril 2026, Amnesty International dresse un état des lieux préoccupant de la situation des droits humains en Guinée pour l’année 2025.
L’organisation met en avant des restrictions continues des libertés fondamentales, des cas de disparitions forcées et des inquiétudes concernant l’accès à la justice.
Selon le document, les autorités guinéennes ont maintenu l’interdiction des manifestations en vigueur depuis 2022, tout en procédant à la suspension de partis politiques et de médias. Plusieurs formations politiques majeures ont ainsi vu leurs activités interrompues pour non-respect présumé de leurs obligations administratives.
Parallèlement, des journalistes et responsables de médias ont été convoqués ou inquiétés par les forces de sécurité, dans un contexte marqué par des tensions autour du processus constitutionnel et électoral.
Le rapport souligne également que la liberté de réunion pacifique reste fortement entravée.
Une manifestation organisée en janvier 2025 par les « Forces vives de Guinée » aurait été violemment réprimée, avec des pertes en vies humaines rapportées par les organisateurs.
Parmi les préoccupations majeures figurent les cas de disparitions forcées et d’enlèvements visant des acteurs de la société civile, des journalistes et des figures de l’opposition.
Plusieurs personnalités critiques à l’égard des autorités auraient été enlevées puis relâchées dans des conditions préoccupantes, tandis que d’autres restaient portées disparues à la fin de l’année.
Sur le plan judiciaire, Amnesty International pointe les conséquences de la grâce accordée en mars 2025 à Moussa Dadis Camara, pourtant condamné en 2024 à 20 ans de prison pour crimes contre l’humanité liés au massacre du 28 septembre 2009.
Cette décision, justifiée par les autorités pour des raisons de santé et de réconciliation nationale, suscite des interrogations quant au droit des victimes à la justice et à des réparations effectives.
Le rapport met aussi en lumière des violations des droits économiques et sociaux.
Dans la région de Nzérékoré, des travailleurs d’une entreprise publique d’exploitation agricole évolueraient dans des conditions difficiles, avec des rémunérations inférieures au salaire minimum et des risques pour leur sécurité.
Enfin, sur le plan environnemental, les autorités ont adopté certaines mesures pour protéger les ressources forestières, notamment une interdiction temporaire de la coupe et du transport de bois.
Cette initiative intervient dans un contexte de dégradation importante du couvert forestier, estimée à près de 30 % en trois décennies.
Globalement, Amnesty International conclut que la situation des droits humains en Guinée demeure marquée par des défis structurels importants, appelant les autorités à renforcer le respect des libertés fondamentales, l’État de droit et la protection des citoyens.
La situation des droits humains dans le monde - 2025 - AFRIQUELa rédaction






