Le collectif d’avocats d’Algassimou Diallo confirme le maintien de son retrait de la procédure judiciaire. Les conseils du mis en cause l’ont annoncé ce lundi 19 octobre 2026 à Conakry par voie de communiqué. Ils réclament une nouvelle formation de jugement et l’exclusion du ministère public lors du délibéré.
Cette prise de parole répond au communiqué récent du Parquet général près la Cour suprême. La défense conteste la caractérisation de son retrait comme un « libre choix » par les autorités. Elle justifie sa décision par une série d’irrégularités présumées survenues durant la procédure.
Vices de procédure
Dans son document, le collectif détaille la chronologie des faits survenus en août. Le 20 août 2026, Algassimou Diallo a reçu une plainte disciplinaire du garde des Sceaux dans la salle d’audience du Conseil supérieur de la magistrature. La formation disciplinaire a prononcé sa révocation le jour même.
Les forces de l’ordre l’ont arrêté puis placé en garde à vue le jour même. Il a séjourné à la Direction centrale des investigations judiciaires de la Gendarmerie nationale jusqu’au 27 août. Or, le Bureau de la Cour suprême a signé l’autorisation de poursuites le 26 août seulement.
Ce décalage chronologique viole l’article 157 de la Constitution selon la défense, car ce texte exige une autorisation préalable. Les avocats invoquent aussi le non-respect de l’article 755 du Code de procédure pénale. Cette disposition encadre les poursuites contre les magistrats de la haute juridiction.
Conflits d’intérêts
La composition de la juridiction de jugement constitue un autre motif de contestation. Trois magistrats membres du Bureau de la Cour suprême le 26 août jugent actuellement le prévenu.
Les juges ont rejeté les demandes de récusation et les requêtes en annulation de l’ordonnance de renvoi le 15 octobre 2026.
De plus, les conseils dénoncent le non-respect du délai légal de trois jours prévu par l’article 282 du Code de procédure pénale. Ce délai devait leur permettre d’examiner le dossier avant l’ordonnance de règlement.
Preuve audio contestée
L’accusation s’appuie notamment sur un enregistrement sonore présenté comme une conversation privée. La défense conteste fermement son authenticité et la légalité de son obtention.
Les deux interlocuteurs présumés nient le contenu de cet enregistrement. La justice a rejeté une demande d’expertise technique durant l’instruction, puis elle a renvoyé l’affaire devant le tribunal sans vérification préalable. La défense invite donc le Parquet général à clarifier publiquement l’origine de cette pièce.
Les exigences des avocats
Le collectif d’avocats pose deux exigences majeures avant de reprendre l’assistance judiciaire :
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La désignation d’une nouvelle formation de jugement, sans aucun magistrat impliqué dans l’autorisation initiale des poursuites ;
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L’absence du ministère public durant la phase de délibéré.
Les avocats rappellent la présomption d’innocence de leur client. Ils se réservent le droit de former des recours internes et de saisir les instances internationales. Les juridictions compétentes devront statuer sur le bien-fondé des griefs soulevés.
Alphadjo Diallo






