Le recrutement de 6 000 enseignants ne suffira pas à combler le déficit du système éducatif guinéen. La ministre de l’Éducation nationale, Bintou Keita, l’a reconnu samedi 17 octobre 2026, à Mamou. Elle a annoncé la poursuite des recrutements jusqu’en 2029.
La ministre s’exprimait au lycée Amilcar Cabral de Mamou, en marge du lancement officiel des épreuves du concours de recrutement. Elle a souligné l’ampleur des besoins en personnel enseignant dans les établissements scolaires du pays.
« Nous avons un déficit qui est bien plus grand que les 6 000 », a-t-elle déclaré. Bintou Keita n’a toutefois pas avancé de chiffre précis. Elle a estimé que cette question pourrait susciter des débats.
Des recrutements prévus jusqu’en 2029
Pour Bintou Keita, le recrutement de 6 000 enseignants constitue une première étape. Le gouvernement entend poursuivre ses efforts au cours des prochaines années afin de renforcer les effectifs des établissements scolaires.
La ministre a notamment annoncé de nouveaux recrutements en 2027, 2028 et 2029. Cette démarche vise à constituer progressivement un vivier d’enseignants pour répondre aux besoins du système éducatif.
« On va continuer les années subséquentes, c’est-à-dire 2027, 2028, 2029, pour faire en sorte que nous continuons d’avoir un vivier d’enseignants et d’enseignantes qui peuvent nous servir dans les salles de classe », a expliqué Bintou Keita.
Elle a insisté sur la nécessité de garantir la présence d’un enseignant dans chaque salle de classe. Les 6 000 postes prévus ne couvrent donc qu’une partie des besoins, selon ses déclarations.
La répartition des enseignants reste un défi
Au-delà du nombre de postes à pourvoir, la répartition des enseignants sur le territoire national constitue une autre difficulté. Certaines régions peinent à retenir les personnels recrutés, selon la ministre.
Bintou Keita a notamment évoqué la préférence de certains enseignants pour Conakry, au détriment des régions administratives.
« Nous recrutons des enseignants et des enseignants qui après ne veulent pas rester dans les régions et veulent être tous à Conakry », a-t-elle regretté.
La ministre a également souligné l’importance de mobiliser les candidats pour répondre aux besoins des différentes régions. Elle a salué la dynamique du concours, qu’elle a attribuée à la volonté du chef de l’État et du chef du gouvernement.
Le défi ne se limite donc pas au recrutement de nouveaux enseignants. Leur affectation et leur maintien dans les localités qui en ont besoin restent également essentiels pour renforcer l’encadrement des élèves.
Les recrutements annoncés jusqu’en 2029 devraient ainsi contribuer à répondre progressivement aux besoins des établissements scolaires guinéens. Le déficit évoqué par Bintou Keita reste toutefois supérieur aux 6 000 postes concernés par l’opération actuelle.
Mariam Sylla






