Trois mois après la fin des travaux de démolition de la Cité Chemin de Fer, à Kaloum, un différend financier oppose toujours EDOUMAF BTP SARLU à China Construction SAUSUM (Guinée) SARLU.
L’entreprise guinéenne réclame 564 millions de francs guinéens pour des travaux supplémentaires qu’elle affirme avoir réalisés sur le site. La partie chinoise conteste cette demande, notamment en raison de l’absence d’un avenant écrit.
Le chantier de démolition de la Cité Chemin de Fer est terminé, mais le dossier financier qui en découle reste ouvert. EDOUMAF BTP SARLU, sous-traitant guinéen intervenu sur le chantier, affirme ne pas avoir été intégralement payé pour des opérations d’évacuation et de nettoyage du site réalisées après les travaux de démolition.
Au cœur du contentieux : une facture de 564 millions de francs guinéens.
Selon le PDG d’EDOUMAF BTP, Mamady Doumbouya, la somme correspond à la mobilisation supplémentaire de moyens lourds pour débarrasser le site des gravats. Il évoque notamment quatre camions de 50 tonnes et deux excavateurs mobilisés pendant une vingtaine de jours et nuits.
Une prestation supplémentaire au centre du désaccord
La principale divergence entre les deux entreprises concerne la formalisation de ces travaux. EDOUMAF BTP soutient que les prestations ont été réalisées dans le cadre des besoins du chantier et dans un contexte d’urgence. L’entreprise affirme également avoir transmis ses décomptes à partir du 15 juillet 2026.
De son côté, China Construction SAUSUM refuse, selon EDOUMAF BTP, de procéder au règlement réclamé. L’argument avancé porte notamment sur l’absence d’un avenant écrit permettant de formaliser et de valider la prestation supplémentaire.
La question de savoir dans quelles conditions ces travaux ont été demandés, exécutés et éventuellement validés constitue ainsi l’un des principaux enjeux du dossier.
Des échanges invoqués par EDOUMAF BTP
Pour étayer sa position, Mamady Doumbouya affirme disposer de plusieurs éléments, notamment des correspondances, des appels téléphoniques et des échanges sur WhatsApp avec un responsable administratif de China Construction SAUSUM qu’il identifie sous le nom de M. Jean.
Selon le dirigeant d’EDOUMAF BTP, ces échanges témoigneraient de discussions sur la poursuite des travaux et sur les modalités d’un règlement ultérieur.
Il affirme également avoir été encouragé à poursuivre certaines opérations avec, en perspective, un règlement amiable et d’éventuels marchés dans les préfectures de Kankan et de Faranah.
Ces éléments sont avancés par EDOUMAF BTP pour soutenir sa demande et devront être appréciés dans le cadre de la procédure judiciaire.
Le dossier devant la justice civile
Le différend a également connu un volet au niveau de la gendarmerie de Koléah. Mamady Doumbouya affirme que les premières auditions avaient fait apparaître une possibilité de règlement entre les parties, avant que cette perspective ne soit abandonnée.
Le dossier est désormais porté devant les juridictions civiles. EDOUMAF BTP dit vouloir produire les documents dont elle dispose afin de faire reconnaître sa créance.
Une créance qui, selon EDOUMAF BTP, pèse sur l’entreprise
Au-delà du contentieux avec China Construction SAUSUM, le patron d’EDOUMAF BTP affirme que cette situation affecte les relations de son entreprise avec ses propres partenaires.
La société explique avoir engagé des dépenses importantes pour la mobilisation des engins et des équipements nécessaires à l’évacuation des matériaux issus du chantier. Le non-règlement des 564 millions GNF réclamés aurait, selon elle, des conséquences sur ses engagements vis-à-vis de fournisseurs et de loueurs d’engins.
Mamady Doumbouya assure par ailleurs vouloir aller jusqu’au terme de la procédure judiciaire afin de faire examiner les pièces qu’il dit détenir.
EDOUMAF BTP interpelle les autorités
Dans cette affaire, l’entreprise guinéenne sollicite également l’attention des autorités. Son PDG demande notamment l’intervention du ministre de la Justice et du président de la République, estimant que les rapports entre entreprises locales et groupes étrangers doivent s’inscrire dans un cadre permettant aux sous-traitants guinéens de faire valoir leurs droits.
Le différend reste donc, à ce stade, celui de deux versions opposées : EDOUMAF BTP affirme avoir réalisé et facturé des prestations supplémentaires ; China Construction SAUSUM conteste leur prise en charge en l’absence d’un avenant écrit.
La procédure civile engagée doit désormais permettre aux parties de produire leurs pièces et de faire examiner leurs arguments par la justice.
Alphadjo Diallo pour le Collectif de journalistes contre l’Impunité





